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Les Sioux ont toujours été un peuple de visionnaires qui rencontraient pendant leur sommeil ou pendant un rêve éveillé des personnages anthropomorphes ou des animaux -wakan ( sacré, mystérieux,surnaturel) qui leur communiquaient des messages leur permettant d'acquérir des pouvoirs dans divers domaines ( chasse, guerre, danse, travaux artisanaux et féminins) .
Le contenu de ces rêves-visions et la nature des esprits rencontrés, permettent de les classer en deux groupes définissant deux grandes catégories de visionnaires: les rêveurs et les medecine men d'un côté, les chamans de l'autre.

Les Sioux contemporains continuent à penser que les facteurs incontrôlables et les difficultés insurmontables, tout particuliérement les maladies et les accidents, que rencontrent les hommes, ont pour origine la volonté des puissances surnaturelles. Cependant, pour qui sait < écouter > et < voir > , la communication existe toujours avec l'Autre Réalité; et une certaine aide peut ainsi être obtenue auprés des Etres surnaturels. Certains visionnaires vont seulement < voir> et < rencontrer > sans qu'il y ait une réelle communication verbale ou même gestuelle. Actuellement, dans les réserves sioux du Dakota du Sud , on "voit" des revenants ainsi que des soucoupes volantes; et on "rencontre" toujours certains des Esprits, en particulier Deer Woman; et les chamans connaissent de " grandes visions". Les récits de ces "rencontres" avec les esprits permettent difficilement d'affirmer s'il s'agit d'une vision à l'état éveillé ou d'un rêve. Pour les Indiens, rêves et visions sont aussi importants que la réalité.
Les Sioux croient que l'on peut dialoguer avec les morts, en particulier ceux décédés de mort violente. L'esprit de ceux qui meurent par accident ou se suicident reste longtemps sur terre. Apparemment pour deux raisons : < Dieu > - Wakan Tanka ( Grand Esprit) - décide seul de l'instant précis de la mort d'une personne. Mais la personne reste libre de sa destinée, libre de se donner la mort . Cependant, si le suicide n'est pas voulu par le Grand Esprit, une des âmes du mort, l'âme wanagi , n'ira pas tout de suite dans le " monde des Esprits"; elle errera sur terre autour du lieu du suicide jusqu'à l'heureu de sa mort voulue par Wakan Tanka. Les Sioux pensent qu'il est plus facile de rencontrer " l'âme " des suicidés que celle des autres morts, mais que, néammoins, tous le morts continuent à s'interesser aux membres de la famille et à leurs amis vivants, et cherchent à communiquer avec eux.
Des récits de rêves et autres communications personnelles avec les morts qui ont été recueilli , il ressort que les morts cherchent à transformer une situation dans le monde des vivants qui ne leur plait pas et dans laquelle sont impliqués des amis et des parents; ils s'efforcent aussi d'annoncer à un parent sa mort prochaine.

Un rêve et une rencontre à l'état de veille, pendant lesquels un mort vient annoncer la mort d'un parent, suivent le scénario suivant. Une vieille parente décédée, souvent une grand-mére , vient offrir à boire ou à manger à celui qui va bientôt mourir. En acceptant de consommer ce qu'elle lui offre, la personne signe son arrêt de mort , or pour un Sioux traditionaliste , il est impensable de refuser de la nourriture proposée par une personne âgée de sa famille.
Par ailleurs, les Sioux savent que quelques vieilles personnes , surtout des femmes, font des rêves se rapportant à la mort d'un membre de la famille et, " invariablement , quelques jours plus tard, la personne meurt".
Dans le même ordre d'idée, certains Sioux < font des rêves et immanquablement, quelques jours plus tard, la personne est malade > . Il s'agit d'un rêve où l'on voit la personne qui va mourir , ou bien d'un rêve ou d'une apparition d'une " chose noire ", d' "oiseau noir " , qui bat des ailes contre les fenêtres, les portes. Le dormeur, saisi d'une terrible angoisse, se réveille sachant que quelqu'un de sa famille va bientôt mourir....
de Daniéle Vazeilles: Terre Indienne