L'esprit de compétition est l'une des choses les plus
difficiles à acquérir pour les navajos qui veulent réussir
au sein de la culture dominante. Dès le plus jeune âge, les
enfants apprennent que le respect et l'entraide
constituent les valeurs suprêmes.
La sécurité matérielle et sociale du groupe repose sur
cette solidatité qui est elle-même renforcée à l'occasion des
cérémonies , des soins donnés aux aniamux, du travail
de la terre et des diverses activités familiales.

Le regard que les Dinés portent sur eux est en grande partie
fait d'humilité et d'une juste estimation de la place qu'ils occupent dans la nature. " Il faut se dire qu'on ne vaut pas
mieux qu'un autre, qu'on est quelqu'un d'ordinaire.
Il faut vouloir intégrer nos enseignements et entrer en
relation avec ce qui nous entoure. Tout peut être si simple: il suffit de communiquer avec ce qui nous entoure. "
De leur côté, les jeunes Anglos apprennent trés tôt que la compétitivité est une vertu, et leurs enseignants comptent
sur cet esprit de compétition pour les inciter à acquérir des
connaissances. Ceux qui travaillent dans une école de jour indienne ont dû cependant réviser leur comportement . Ils ont compris qu'en sélectionnant un éléve en raison de ses exellentes performances, ils ne faisaient que provoquer chez lui un immense malaise : un Indien n'aime pas se distinguer du groupe.
Mais les Blancs qui enseignent dans les villes frontaliéres ne
font pas preuve d'autant de délicatesse, ce qui explique que les jeunes navajos puissent se sentir déroutés et bafoués. Ce n'est pas parce qu'un éléve n'a pas l'esprit de compétition qu'il n'est pas perfectionniste et ne cherche
pas à se surpasser. Ce qui le différencie , ce sont les raisons qui le poussent à s'instruire ou qui le dégoûtent de l'école , ainsi que les récompenses et les méthodes d'enseignement qui lui conviennent le mieux.
" Nos jeunes savent observer. Chez eux, ils apprennent à regarder et à écouter. A l'école, c'est différent. La plupart du temps, ils ne comprennent ni les questions qu'on leur pose ni les instructions qu'on leur donne. Alors qu'il suffirait de leur montrer ce qu'ils doivent faire pour qu'ils pigent tout de suite."
Leur apprentissage ne passe pas forcément par l'observation de régles. ( lorqu'il s'agit de morale, les navajos partent non pas d'idées abstraites mais de ce qu'ils voient....) Gladys Reichard a écrit:
- Chez eux, la morale n'est pas théorique ou théologique mais plutôt empirique. Elle couvre aussi bien l'attitude d'un individu que l'idéal qu'il cherche à atteindre, les convenances et la loi que les contraintes imposées par la religion. Comme l'Anglo le traite rarement en frére, l'Indien comprend mal qu'un prédicateur puisse affirmer que tous les hommes sont frères ; et pourtant, il partage entiérement cet idéal. Comme l'Anglo complote contre lui et l'escroque, le fait qu'il répéte continuellement que l'honnêteté paie laisse un Indien sceptique.
Peut être ignore t'il que la foi de l'homme blanc en un individualisme farouche admet la concurrence acharnée et qu'elle abandonne l'honnêteté à la religion.-
(....)