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. L'organisation du mariage variait d'une tribu à l'autre. La polygamie était fréquente . Sous la pression de la communauté, une veuve pouvait prendre pour époux un homme déjà marié. Toutefois, ces unions n'étaient pas systématiques, le mari devant assumer l'alimentation de ses épouses et de ses nombreux enfants. Lourde charge qui décourageait plus d'un candidat...

Les codes moraux différaient considérablement selon les ethnies. L'adultére était sévèrement reprimé chez les Flat-heads alors qu'il était parfairement admis chez les Hopis. Dans certains groupes, les femmes avaient parfois la liberté de quitter leur époux quand elles le décidaient.
Aujourd'hui encore, beaucoup d'Indiennes décident d'élever seules leurs enfants ou se remarient plusieurs fois sans aucune amertume envers leur ex-maris. Cette tolérance sociale n'empêche pas que le corps des femmes fasse l'objet de divers tabous religieux.
Les femmes peuvent être exclues des espaces rituels ( c'est encore le cas aujourd'hui chez les Hopis et les pueblos). Les Shoshones White Knifes pensaient autrefois qu'ils risquaient de devenir aveugles ou de tomber malades s'ils regardaient les organes génitaux d'une femme.
Durant la période de menstruation, comme dans de nombreuses sociétés, les femmmes ne pouvaient toucher la nourriture et devenaient dangeureuses pour les hommes. Cet ostracisme tenait également au fait que le cycle menstruel était parfois associé à un rite de purification. Quand la notion de danger lié au sang menstruel était trop forte , les femmes se retiraient de la vie sociale pendant quelques jours et se réfugiaient dans la forêt. Face à la rigueur des corvées, sans doute profitaient-elles de ces moments de réclusion pour souffler un peu et goûter une rare solitude.
Mais ce genre de situation n'était pas sans danger : les femmes et les chevaux étant la proie et le butin des clans rivaux, elles pouvaient donc être attaquées à tout moment.

Ainsi , de génération en génération, les femmes indiennes ont pris une certaine habitude du combat dans la guerre comme dans la paix. C'est ce que la voix des aïeules ,s elon la poétesse Rita Mestokosho, "souffle à leur descendance dans le vent de la mémoire".
Avant d'ajouter : < Les femmes indiennes ont tant souffert qu'elles savent faire face ensemble. La lutte, c'est comme un long accouchement! Les femmes savent qu'il ne faut pas être seules, qu'elles doivent s'entraider et rester solidaires.>
Dans le sillage de cette longue histoire, , Rita a participé à la Marche Mondiale des Femmes pour l'an 2000. Ce mouvement a été lancé par les féministes québecoises après la conférence internationale sur les femmes de Pékin.Elles étaient des milliers à marcher sur New York pour présenter au parlement des Nations Unies des revendications aussi universelles que les droits juridiques des femmes, le respect de l'environnement, ou encore la préservation de l'eau et des grandes forêts.
Pour Rita, c'est une façon de conjuguer racines, écologie et féminisme dans une même exigence.
La route est longue, mais citant l'un de ses poémes, elle conclut dans un sourire:
< Il est toujours pénible de découvrir la vérité au tournant d'une riviére sinueuse. Mais moi, j'affronte toujours le courant...>
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NIPI le chant de la Source .
Textes de RITA MESTOKOSHO
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