" AMERINDIENS PASSION "... la Nature, ma vision du monde , mes lectures...et les peuples Amérindiens . Partager et communiquer...
( l'équilibre du monde - peinture NAVAJo)
La catastrophe n'est jamais crédible
Pour le philosophe JP DUPUY, le principal obstacle à la prise de conscience est notre impossibilité de croire que le pire va arriver. Quand ils entendent parler du réchauffement , la plupart d'entre nous préférent minimiser: " non, ce n'est pas si grave. Et puis, d'ici là, la science aura trouvé des solutions..."
Des milluions de gens bâtissent leur maison prés de volcans potentiellement dangeureux, les plus grandes villes du monde sont comdamnées à la destruction parce qu'elles sont construites sur des zones sismiques. Même si la catastrophe est proche - ou s'est déjà produite - cela ne suffit pas à changer notre regard et nos actes! Le moi ne peut pas concevoir sa propre mort, nous a appris Freud, et encore moins la mort de l'espéce tout entiére.
Sans oublier que nombre de drames annoncés - épidémie de la "vache folle", celle de la grippe aviaire - n'ont toujours pas eu lieu....
(le monde - AMAZONIE)
Notre cerveau n'est pas assez évolué
De son côté, non sans humour, Daniel Glibert, professeur de psychologie à Harvard, explique notre incapacité à réagir par le mode de fonctionnement de notre cerveau. Selon lui, la prochaine attaque contre un building à NY ne sera pas provoqué par un terroriste, mais par la fonte de la calotte glaciaire qui aura noyé Manhattan.
Pourtant, des millions de dollars sont dépensés pour éviter un nouveau 11 Septembre. Bien plus que pour lutter contre le réchauffement.
Pourquoi la catastrophe la plus probale est-elle celle qui nous inquiéte le moins? A celà, quatre grandes raisons.
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Primo, le réchauffement climatique n'a pas de barbe. Notre cerveau s'inquiéte surtout des menaces d'origine humaines et des intentions agressives de nos semblables. Autrement dit, si al-Qaida était la cause du réchauffement climatique , les Etats et les personnes se mobiliseraient plus énergiquement.
Secundo, le réchauffement climatique ne nous choque pas moralement. Si nous étions indignés, furieux, heurtés dans nos valeurs, comme nous le sommes par les actes de pédophilies, nous réagirions beaucoup plus vite.
Tertio, le réchauffement climatique n'est pas pour cet aprés midi. Notre cerveau est conçu pour éviter des dangers imminents. Une balle qui foncerait droit sur nous, par exemple. L'évolution ne nous a pas appris " à considérer le futur comme le présent qu'il doit devenir".
Quatriéme et derniére raison avancée par Daniel Gilbert: le réchauffement climatique est trop lent pour que notre cerveau , qui n'enregistre que les changements nets et brutaux, y croie.
En résumé, pour lui : nous n'avons aucun moyen neuropsychologique de réaliser ce qui nous attend. Seul un voyage dans le temps pour expérimenter concrétement une journée de l'été 2056 nous rendrait capables de prendre les mesures d'urgence qui s'imposent. Car là , enfin, nous serions suffisamment choqués et terrifiés!
( le monde- AUSTRALIE)
Pour la conscience , "un événement n'existe pas tant qu'il n'a pas fait irruption dans le temps" explique JP Dupuy.
Aussi faudrait-il pouvoir cesser de penser le réchauffement planétaire au futur et " réaliser qu'il s'inscrit dans notre présent chaque jour davantage".
Car le pire n'est pas à venir, il est déjà là!
( article de "Psychologies magazine" d'Avril 2009 - FIN)