" AMERINDIENS PASSION "... la Nature, ma vision du monde , mes lectures...et les peuples Amérindiens . Partager et communiquer...
...que griffonna John Muir sur ces carnets, au spectacle prodigieux déployé devant lui - et sa vie , dans l'instant, fut changée à jamais.
" Aussi longtemps que je vivrai, j'entendrai les chutes d'eau, le chant des oiseaux et du vent, j'apprendrai le langage des roches, le grondement des orages et des avalanches, je me livrerai aux glaciers et aux plantes sauvages, et je resterai aussi prés que possible du coeur du monde. Et qu'importe la faim, le froid, les travaux difficiles , la pauvreté, la solitude, les besoins d'argent, le souci d'être connu ou de se marier...." .
Sa découverte de la Sierra, depuis leshauts de la Pacheco Pass , avait été comme un éblouissement. La Vallée de Californie brillait tel un lac de lumiére dans le soleil d'avril, des tapis de fleurs sauvages ondulaient sur les collines, des écharpes de brume aux reflets de lavande flottaient dans les vallons, et si altiéres étaient mes montagnes, au loin, si rayonnantes de gloire qu'on les aurait dites de pure lumiére , murailles de quelque cité céleste.
Les fleurs s'ouvraient dans les prairies profondes, l'eau bondissait sur les pentes , l'air vibrait de chants d'oiseaux tandis qu'il s'avançait , léger, avec le sentiment de participer par privilége à un hymne à la joie que la nature se donnait à elle-même, où tout, plantes, animaux, paysages, semblait concourir à la même exultation et à chaque étape de son ascension des contreforts de la Sierra , il lui avait semblé qu'il s'allégeait, se révélait à lui-même.
Ces moments, ces paysages, il les avait attendus , espérés depuis si longtemps!
Et plus il montait , plus la nature devenait sauvage, plus il se sentait envahi, submergé, bouleversé par la beauté du monde -
plus il lui semblait qu'il rentrait chez lui.
Et cette demeure, il le pressentait , serait
le YOSEMITE.