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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 00:26

La fin d'une nation libre

 

ISHI PORTRAITLes années s'écoulérent.

On n'entendait plus parler des Yahi, et les  "provocations" des Indiens semblaient être du domaine du passé.

Dans la vallée, les nouveaux venus se rassuraient les uns les autres: les Mill Creeks qui avaient pu survivre à l'extermination étaient morts depuis longtemps. D'autres, moins convaincus, pensaient qu'un mouvement furtif dans la broussaille pouvait aussi bien trahir la présence d'un "sauvage" que celle d'un daim ou

d'une caille. Les choses avaient changé, l'arriére pays se peuplait.

 

En 1884, des ranches, des scieries et de petites colonies permanentes que reliait un réseau de routes et non plus de simples pistes, poussaient comme des champignons. A la même époque, la clandestinité totale commença à se fissurer. Aprés douze années d'interruption, les Yahi reprirent leurs raids. Ils avaient déjà perdu alors la plupart de leurs chasseurs, et la chasse comme la cueillette devenaient de plus en plus maigres, de plus en plus risquées aussi, du fait que les alentours de Mill Creeks s'ouvraient toujours plus aux nouveaux ranches, aux nouvellles routes et à une nouvelle population blanche.  Des veaux disparaissaient, c'était là une signature indubitablement indienne, de même que le cambriolage de huttes , vidées de leur contenu sans toucher aux boîtes de conserves. Tout le monde savait que seuls les Yahi volaient farine et orge sans prendre les conserves de maïs et de haricots.g523vvp0

Avec le recul, la réaction des éleveurs peut paraitre bizarre: le vol des provisions les irritait plus que celui du bétail. Qu'un mouton, qu'un veau disparût, son propriétaire enregsitrait une perte, mais quand une hutte était vidée de ses réserves de provisions, c'était la bonne marche de l'élevage qui en souffrait, et le manque à gagner s'ajoutait à la perte.

 

En effet, en prévision du roundup, du rassemblement annuel du bétail, on montait dans les huttes de la montagne de fourrage pour les chevaux, et des provisons pour les hommes: haricots, café, sucre, bacon,farine et conserves. Si un cow-boyà la recherche des bêtes éparpillées se trouvait entrainé dans des régions reculées et difficiles de la montagne, l'usage l'autorisait , en cas de besoin, à s'approvisionner dans n'importe quelle hutte , qu'elle appartint ou non à son employeur. Si les Yahi étaient déjà passés par là , le cow-boy ne trouvait ni orge pour sa monture,ni farine pour lui même.

 

CABANE BOISA partir de 1890 environ, ISHI et les deux ou trois de ses compagnons qui étaient en mesure de participer aux raids devaient savoir exactement quand tel convoi de bêtes de somme ravitaillait telle hutte, car certaines de ces huttes furent cambriolées avec une grande régularité pendant plusieurs années. Les yahi savaient les risques encourus, mais c'était au printemps que les convois montaient dans la montagne, c'est-à-dire à cette époque de l'année où le sol était recouvert de neige et où le petit groupe des survivants connaissait la famine la plus cruelle.

 

Les raids, qui avaient repris en 1884, cassérent brusquement et inexplicablement dix ans plus tard, comme ils avaient commencé.

Le silence recouvrit une fois de plus les canyons déserts, et les histoires de "sauvages" qui avaient refleuri perdirent de nouveau toute crédibilité.

Pour les survivants Yahi eux-mêmes, ces 10 années de raids furent l'ultime phase de résistance avant leur derniére retraite. 

Ils avaient essayé de s'installer sur Mill Creek et d'y maintenir un espace vital qui comprenait les cours supérieurs de Mill Creek et de Deer Creek, avec une zone intermédiaire d'arêtes, de champs et de cours d'eau de moindre importance. CHARIOTComme la pression des envahisseurs blancs se resserait de façon intolérable, ils essayérent d'emplir leurs paniers dégarnis avec la farine, le grain et les moutons des Blancs, une nourriture d'importation et de seconde qualité certes, mais qui avait le mérite de se trouver sous la main. 

Ce fut un autre échec.

Ainsi commença la derniére retraite , le repli sur Deer Creek. 

 

On pense que les Yahi ne furent que cinq à effectuer ce repli de Mill Creek à Deer Creek, en une retraite dont chaque pas dut être un déchirement , l'abandon d'une parcelle de la patrie géographique, ici un bois de chênes, là un pré, un emplacement de pêche, un terrain de chasse.

 

LowerDEERCreekFalls2Lorsque enfin ils posérent leurs paniers , ce fut dans le seul endroit qu'ils pouvaient encore avec quelque raison considérer comme leur appartenant ,et occuper dans une sécurité relative: deux bandes de terrain séparées mais voisines, sur la rive sud du canyon de Deer Creek.

Chacune d'elles avait environ 800 m de large sur 5 km de long.

Les Yahi connaissaient parfaitement le pays.

 

C'est d'ailleurs à cet endroit que naquit ISHI. 

 

Mais à la fin du siécle dernier, les Yahi ne pouvaient pas retourner à ces anciens sites trop exposés à la vue, par dessus et du côté nord, et ils se contentérent de construire 2 minuscules villages .

 

Wowunupo- la cachette de l'Ours- est situé sur un étroit surplomb qu domine leDEER creek falls note card creek de plus de 150 m , au seul endroit possible où l'on puisse rêver d'accrocher un abri ;

les arbres poussent haut le long de cette sorte d'auge, lui fournissant de l'ombre et l'abritant à la vue d'en bas et d'en face.

Du surplomb jusqu'à la bouche du canyon qui se trouve 30 m plus haut, ce n'est que paroi nue,lisse et impraticable, qui protégeait parfaitement le village.

 

 

(... à suivre...)    

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Published by Dreamokwa - PTEWI - dans Amérindiens
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commentaires

anne laure 08/04/2010 23:50



tjs autant le plaisir de te lire 


j'attends la suite


merci a toi


gros bisous


anne laure



Dreamokwa - PTEWI 08/04/2010 23:58


Merci à toi aussi... j'apprécie vraiment tes visites et l'intérêt que tu portes à l'Histoire ! il y a toujours quelque chose à apprendre dans tout cela ! bonne nuit, bisous


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